Les points de vigilance et les bonnes pratiques : sécuriser son crédit à la consommation
Souscrire un crédit à la consommation est souvent une belle opportunité pour concrétiser un projet : acheter une voiture, financer des travaux, s’équiper ou simplement faire face à une dépense imprévue. Bien géré, et bénéficiant d’un encadrement juridique stricte, le crédit ne pose pas de difficulté particulière et permet de faire avancer ses projets tout en préservant son épargne de précaution. Mais pour se prémunir de tout aléas, il y a quelques clés à connaître pour adopter les bons réflexes et emprunter plus sereinement. On vous dit tout.
Attention à l’accumulation de crédits
C’est l’un des risques les plus fréquents : accumuler plusieurs crédits – un prêt auto, un crédit renouvelable, un financement pour des achats en magasin… Pris séparément, chacun semble abordable. Mais mis bout à bout, ces remboursements peuvent vite devenir trop lourds à supporter créant un déséquilibre entre les revenus du foyer et le montant cumulé des crédits à rembourser. Avant de souscrire un nouveau prêt, prenez toujours le temps de calculer votre taux d’endettement. En général, le total de vos mensualités ne doit pas dépasser 33 % de vos revenus. Et si vous sentez que votre budget devient trop serré, surtout, évitez de contracter un nouveau crédit. Dans ce cas, d’autres solutions peuvent s’envisager : mesurer l’utilité réelle de ce projet, le reporter à plus tard s’il ne revêt pas de caractère urgent ou envisager une autre solution de financement comme le regroupement de crédits (ou rachat de crédits). Cette opération permet de regrouper tout ou partie de vos crédits en cours en un prêt unique et sans changer de banque. Le montant de la mensualité sera alors réduit grâce à un allongement de la durée de remboursement (1), permettant quand c’est possible, le financement d’un nouveau projet.
(1) La diminution du montant de la mensualité entraîne l'allongement de la durée du remboursement et peut majorer le coût total du crédit. Elle doit s'apprécier par rapport à la durée restant à courir sur les prêts objet du regroupement de crédits.
Le crédit renouvelable : oui mais avec modération
Le crédit renouvelable (ou crédit revolving) est souvent présenté comme une solution pratique et flexible – et c’est vrai ! Il permet de disposer à tout moment d’une réserve d’argent disponible, utile pour faire face à une dépense imprévue ou un besoin ponctuel.
Cependant, cette facilité d’accès peut avoir des impacts non négligeables si elle est utilisée sans vigilance, ou si l’on a tendance à cumuler plusieurs crédits renouvelables. En effet, comme la réserve se reconstitue à chaque remboursement, certains emprunteurs peuvent être tentés de réutiliser sans cesse cette somme, ce qui augmente progressivement le montant des mensualités et le coût global du crédit.
Les taux d’intérêt (TAEG) de ces crédits sont généralement plus élevés que ceux des prêts personnels. Sans une gestion attentive, le montant à rembourser augmente et peut alors s’étaler sur de longues années.
La bonne pratique consiste à utiliser ce type de crédit avec modération et à rembourser davantage que la mensualité minimale, afin de réduire plus vite la dette et limiter les intérêts.
Et si vous détenez déjà plusieurs crédits renouvelables, le regroupement de crédits peut être une solution à envisager. Il vous permet de rassembler tous vos prêts en un seul, avec un taux plus avantageux que le crédit renouvelable et une mensualité unique plus simple à gérer. C’est une façon efficace de reprendre la main sur ses finances et d’alléger son budget sans renoncer à ses projets.
La négligence du TAEG et l'oubli des frais annexes
Une erreur fréquente consiste à ne regarder que le taux d’intérêt débiteur lorsqu’on compare des offres de crédit – or ce taux ne reflète pas le coût total du crédit. Il peut masquer des frais de dossier, des garanties obligatoires, ou d’autres frais annexes.
Le TAEG (Taux Annuel Effectif Global) est l’indicateur principal et légal pour comparer des crédits : il inclut tous les coûts obligatoires liés à l’octroi du prêt (intérêts, frais de dossier, garanties si elles sont imposées). En revanche, le coût de l’assurance n’est inclus dans le TAEG que si cette assurance est exigée comme condition d’octroi du crédit. Dans les crédits à la consommation, l’assurance est souvent facultative – dans ce cas, elle ne figure pas dans le TAEG et doit être comparée séparément.
Pour bien comparer les offres :
- Exigez le détail de chaque coût (TAEG, frais divers, garanties) ;
- Demandez le coût total de l’assurance proposée ;
- Et n’hésitez pas à recourir à la délégation d’assurance, en choisissant une assurance externe à garanties équivalentes, si elle est moins chère que celle proposée par l'organisme prêteur.
Vous devez également bien lire les informations qui figurent sur la Fiche Précontractuelle d’Information Européenne Normalisée (FIPEN) qui précise les caractéristiques essentielles du crédit facilitant ainsi la comparaison entre plusieurs offres si vous avez fait le choix de comparer les offres de plusieurs organismes prêteurs.
L’assurance emprunteur et la lecture attentive du contrat : deux étapes essentielles
Ne pas souscrire d’assurance emprunteur (lorsqu’elle est facultative mais recommandée) ou signer sans lire attentivement le contrat peut exposer l’emprunteur à de sérieux risques.
L'absence d'assurance en cas d'accident de la vie (décès, invalidité) transfère la charge de la dette aux héritiers ou met l'emprunteur en grande difficulté.
Avant de choisir une assurance, il est essentiel de lire les garanties proposées par le contrat : types de risques couverts, exclusions, délais de carence ou franchises.
Prenez le temps de relire attentivement l’ensemble du contrat notamment les parties concernant :
- Les caractéristiques du prêt (montant, durée, TAEG) ainsi que le montant total du par l’emprunteur ;
- Le remboursement anticipé ;
- Les pénalités de retard ;
- Et les modalités de l’assurance.
N’oubliez que vous bénéficier également d’un délai légal de rétractation de 14 jours pour relire le document.
Et en cas de doute ou de terme incompris, demandez toujours des explications à votre conseiller avant de signer : c’est la meilleure garantie d’un engagement clair et maîtrisé.