CSF Magazine n° 126 - Accès au logement : le parcours du combattant...

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Accès au logement : le parcours du combattant...

 


Les prix de l’immobilier, du fait de la rareté,ne cessent d’augmenter. L’observatoire Crédit Logement fait le bilan : + 5,6 % entre 2019 et 2021 pour la France métropolitaine. Des hausses de + 9,3 % à Nantes, de + 6,5 % à Lyon, les + 8 % sont dépassés à Lille, Strasbourg, Montpellier… Certaines villes ont connu une véritable flambée, comme Angers (+ 18,8 %), Brest, Mulhouse ou Orléans. Les ménages qui veulent acheter leur logement peuvent compter sur des taux d’intérêt historiquement bas : ils n’excédaient guère 1 % en décembre 2021. Ce qui facilite l’accès au crédit des ménages aisés. Il n’en va pas de même pour les familles modestes, ni pour les jeunes. Car pour eux des mesures nouvelles tendent à les écarter purement et simplement de l’accession à la propriété. Ainsi le Haut Conseil de Stabilité financière a demandé aux banques de ne plus accorder de prêts à 110 % de la valeur du bien. Ce dispositif permettait aux jeunes d’emprunter sans apport personnel, puisque le prêt couvrait les « frais de notaire ». Résultat : une éviction nette des jeunes ménages.

De même les banques ont été invitées à limiter la durée de remboursement des prêts. Ce raccourcissement de la durée de remboursement, en augmentant le montant de la mensualité, pénalise les familles modestes. L’Observatoire Crédit Logement nous indique que les prêts à plus de 25 ans sont à présent descendus à très bas niveau (0,1 % au 4e trimestre 2021). Et surtout, les banques exigent un niveau de plus en plus élevé d’apport personnel. Là encore, les jeunes, les ménages modestes sont pénalisés. « Une sortie du marché des clientèles les moins bien dotées en apport » note l’Observatoire. Les catégories B et C de la fonction publique, les jeunes fonctionnaires, sont directement touchés. Un comble, lorsqu’on songe aux compliments dont on les couvrait au moment de la crise sanitaire : ceux qui ont tenu bon dans la pandémie (hospitaliers, services de secours et de sécurité…) sont au premier rang des exclus de l’acquisition de leur logement. Et pourtant, quand on considère le montant moyen des retraites, leur évolution peu encourageante, y aurait-il politique plus intelligente que de les aider à acquérir leur résidence principale, pour ne plus avoir de loyer à payer, quand l’heure de la retraite sera venue ?